Le connard mouton est un animal à poil haineux


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Libre ≠ gratuit

Rédigé par Tara Taggle Aucun commentaire
Dans le monde informatique, et par extension sur l’Internet, la bataille du ‘libre’ (assimilé à gratuit) contre le ‘sous licence commerciale’ continue de déchaîner les controverses et les débats aussi stériles qu’enflammés. Sans faire avancer le schmilblick du moindre pixel. La plupart des pékins qui s’expriment à tort et à travers -les plus radicaux (les radicaux libres ?)- n’y entravent que pouic mais vu qu’ils ont des avis éclairés sur tout et sur rien…
la théorie

D’un côte comme de l’autre, il s’agit de logiciels ou œuvres ‘sous licence’, protégés contre toute utilisation non autorisée. D’un côté, la ‘licence commerciale’ –accordée la plupart du temps moyennant rémunération– et de l’autre côté ‘la licence libre’-accordée sans contrepartie financière- autorise un usage limité à un cadre précis.

Dans le cas des logiciels ou œuvres considérés comme ‘libres’, le type de licence choisi, parmi les diverses possibilités proposées sous l’intitulé Creative Commons, définit clairement les limites autorisées, allant de l’utilisation simple, à la modification, en passant par la reproduction à l’identique, voire même un possible usage commercial.

la pratique

devant l’écran En général, la plupart des internautes confondent et assimilent ‘libre’ à ‘gratuit’, d’où ‘appropriation personnelle’ et donc tacite autorisation d’en faire tout et n’importe quoi. (Je veux bien me faire nonne si plus de 3 % d’entre eux ont jamais lu l’intégralité du contenu de la licence avant de cocher la case ‘j’accepte’ lors de l’installation d’un logiciel téléchargé gratuitement sur le net ; je veux bien y ajouter le fait de faire vœu de silence si plus de 3 % des acquéreurs d’une œuvre numérique ‘libre’ ont ne serait-ce que consulté les caractéristiques du type de licence accordée après avoir gratuitement téléchargé telle ou telle œuvre sur le net). Et c’est de là que vient l’essentiel du problème. Nous allons y revenir.

derrière l’écran En attendant l’émancipation des ‘intelligences artificielles’, les logiciels et autres œuvres de l’esprit sont le résultat du travail d’un ou plusieurs individus. Des individus qui sont soit rémunérés à ce titre par un éditeur (ceux-là relèvent de l’organisation normale du travail dans notre société), soit engagés librement dans une démarche de coopération et de participation ouverte. (Ceux qui nous intéressent plus particulièrement).

Qu’il s’agisse d’un choix dicté par la perspective d’une commercialisation ultérieure, par la volonté de travailler de façon collaborative (mise en commun des compétences en vue d’atteindre un objectif ambitieux) ou par la nécessité de répondre à des besoins réels, ils n’en restent pas moins des individus normaux qui pour survivre doivent comme tout un chacun boire, manger… et payer le loyer à la fin du mois.

La mise au point de logiciels ou autres œuvres ‘sous licence libre’ rassemble généralement des équipes aux compétences diverses et complémentaires, chacun apportant sa petite pierre à l’édifice. Tous les apports sont les bienvenus qu’il s’agisse de conception, de codage, de test, de correctifs… ainsi que de soutien financier. Là où le secteur commercial a la possibilité d’investir un certain volume de moyens, le secteur collaboratif ne peut compter que sur la participation volontaire.
La moindre des corrections, lorsque l’on s’aventure à utiliser le produit de ce type de travail est de participer à sa propre mesure : en adressant des ‘retours’ (feedback) alertant sur les problèmes rencontrés, suggérant des améliorations, faisant part de sa satisfaction mais aussi en faisant un don.

De la gratuité.
Dans l’ordre naturel des choses et de l’écosystème (système d’échanges selon sa définition première), aucune transaction (échange : don et contre-don, troc, achat/vente, etc.) ne peut se réaliser sans qu’il y ait une contrepartie. Dans la société marchande capitaliste qui est la notre, cette contrepartie -le prix- est quasi systématiquement entendue sous forme de monnaie voire de cryptomonnaie (de moins en moins sonnante et trébuchante, de plus en plus scripturale et virtuelle. Quasi systématiquement car certains Systèmes d’Échanges Locaux ont commencé de tester des alternatives prometteuses).

Et nous sommes tellement bien formatés à considérer que tout a un prix que dès lors que quelque chose nous est proposé gratuitement (sans contrepartie aucune) nous considérons cette chose comme :

- sans valeur (indigne d’être respectée) ;
- sans qualité ou intrinsèquement inutile (indigne d'intérêt) ;
ou au contraire :
- un moyen de répondre à un de nos besoins 
ou de nous procurer un avantage sans bourse délier 
(l’instinct de prédation reprenant le dessus).

Diverses expériences menées dans différents pays au sujet de la gratuité des transports urbains ou des toilettes publiques ont abouti à la conclusion qu’en vue de préserver les équipements mis à disposition, le paiement d’une contribution minime était de loin préférable à une gratuité totale. Apparemment, l’équilibre de la transaction -investissement de l’argent public en contrepartie d’une amélioration de la qualité de vie de chacun- ne sautait pas aux yeux des usagers. Au vu du réseau de transports urbains entièrement gratuits d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), on peut néanmoins en conclure qu’il s’agit davantage d’un manque de conscience collective que d’autre chose.

Pour en revenir à nos moutons et au ‘sous licence libre’, il reste à espérer que les internautes finiront par prendre conscience de la différence entre ‘collaboratif’ et ‘gratuit’ et qu’ils ne manqueront pas d’adopter des comportements plus respectueux.

Et le ‘mouton à poil haineux’ dans tout ça ? Après avoir mis le point final à notre livre écrit en commun, nous nous sommes inquiétés de sa diffusion, notre objectif étant de toucher un maximum de lecteurs. Nous avons exploré la jungle de l’édition et de l’auto-édition, en sommes ressortis égratignés et meurtris : un monde hostile de prédateurs aux dents longues et aux griffes acérées ! Nous nous sommes alors penchés sur les diverses licences ‘libres’ C.C., nous pensions même avoir trouvé la pierre philosophale (pas moins!) avant de constater la récente refonte des options proposées et la disparition des protections que nous recherchions. De guerre lasse, nous avons opté pour la réalisation du présent site et la diffusion directe en téléchargement gratuit de la version numérique du livre, auxquels s’appliquent la protection légale et normale de nos droits d’auteurs à travers un copyright -nous seuls avons et conservons le droit de donner ou non licence d’utiliser notre travail à ceux qui en feront la demande ; s’il ne s’agit en aucun cas pour nous de tirer un profit commercial de notre travail, il est absolument hors de question que d’autres puissent se sentir autorisés à en faire n’importe quoi. Nous avons dépassé le seuil des 100 téléchargements du livre. Nous espérons que les lecteurs ont apprécié notre travail. N’étant pas des milliardaires philanthropes et dès lors qu’il nous faut louer l’hébergement de ce site, un petit don de temps à autre ne serait pas superflu.

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