Le connard mouton est un animal à poil haineux


Les écrits qui n'aiment pas les fucktionnaires, les haineministrations, les salauds, les moutons et les cons

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SOUPE OPÉRA

Rédigé par Tara Taggle 1 commentaire
Le premier des besoins fondamentaux de l’humain est de se nourrir (et de boire aussi, mais nous y reviendrons dans un prochain article), histoire de ne pas mourir. À l’heure où j’écris ces lignes, près d’un quart de la population de la planète n’y parvient pas. En France, près d’un cinquième de la population n’y parvient que très difficilement, dépendant des colis alimentaires fournis par les associations caritatives et n’accédant qu’aux merdes produites par l’industrie agro-alimentaire trop riches en graisses, sucres, conservateurs et autres additifs correspondant à son misérable budget ; quitte à manger peu, autant que ça cale une dent creuse. Pour ceux-là, le choix n’existe pas. Les régimes (le choix qualitatif et quantitatif des aliments ingérés) sont l’apanage de ceux qui en ont les moyens. Sans parler des modes que l’on essaie de nous imposer.

Omnivore, carnivore (y compris -bien que cela se limite à une poignée d’individus- anthropophage), lacté, insectivore, crudivore, végétarien, fruitarien, végétalien, sans gluten, vegan... il y en a pour tous les goûts et à chacun de faire comme il lui plaît, mais par pitié qu’il arrête de regarder dans l’assiette du voisin. Il est agaçant de constater l’intrusion de plus en plus fréquente de certains groupes de pression (lobbies, en anglais) dans les affaires privées de tout un chacun, qu’il s’agisse de croyances religieuses, de façons de se vêtir, de se coiffer, de que l’on peut ou que l’on ne peut pas faire, dire, penser, consommer et donc manger dans le seul objectif de manipuler et de formater la société tout en se donnant bonne conscience. Et surtout, surtout, de faire perdurer un système délétère.

Mais revenons-en à nos gigots moutons. Manger est un besoin vital, mais qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Peut-on manger tout et n’importe quoi ? Et quid des interdits alimentaires ?

L’homme est un mammifère présentant les caractéristiques physiologiques d’un omnivore (dentition mixte : incisives, canines, molaires ; système digestif : un seul estomac, intestin de longueur moyenne, enzymes digestives et type de bactéries présentes dans son micro-biote…). Sa nourriture est donc supposée être constituée de protéines végétales ET animales -constituées d’acides aminés, parmi lesquels certains sont essentiels (les vitamines), d’hydrates de carbone -sucres simples et complexes, d’acides gras et de fibres qu’il doit absorber chaque jour en quantité suffisante et qu’il doit donc trouver dans son environnement immédiat (ce qui explique le nomadisme du chasseur-cueilleur et la sédentarisation de l’agriculteur-éleveur) avec pour seule constante impérieuse : se nourrir de vivant. La vie ne peut se créer ex-nihilo et ne peut continuer qu’au travers de la transmission de vivant à vivant ; même ce que l’on considère comme la mort n’est qu’une transmission de vie à du vivant. Ce n’est pas parce qu’une carcasse présente des constantes vitales égales à zéro que ce qui la constitue ne continue pas d’être vivant même s’il convient de consommer le plus rapidement possible (tant que ce n’est pas daubé, c’est-à-dire toxique pour l’humain bien que cela fasse les délices des nécrophages et autres bactéries).

Il arrive que du fait de leur patrimoine génétique et/ou du fonctionnement particulier de leur système immunitaire, certains développent des intolérances à certains aliments précis qu’il leur convient à tout prix d’éviter. Et en dehors de ces cas précis, rien ne justifie d’exclure un aliment a priori. Les interdit alimentaires qui s’appliquent à une population plus large sont essentiellement le fait de religions ou de modes.

La plupart des interdits alimentaires ‘philosophiques’ (viande porc, aliments halal, kasher, etc. et végétarisme religieux) trouvent leur origine à la fois dans une hiérarchisation du vivant (de bas en haut : minéral, végétal, animal, humain -débouchant sur l’interdiction de consommer toute viande d’origine animale, mais autorisant néanmoins la consommation des sous-produits que sont les œufs et les laitages voire pour certaines le sang. Pour d’autres, cette même échelle de classification place l’animal au même rang que l’humain, d’où interdiction de tout produit d’origine animale. Une question que je poserais toutefois aux végétaliens : en tant que mammifère, l’humain (femelle) est supposé allaiter son petit jusqu’à ce qu’il soit à même de diversifier son alimentation, le fait de vouloir à tout prix substituer cet aliment naturel par des préparations végétales n’est-il pas assimilable à un comportement inhumain ?) et/ou dans l’histoire sanitaire locale (Asie, Afrique, Moyen-Orient) fondant la tradition : l’exemple d’interdiction de la viande de porc, dans des pays où les conditions climatiques rendent sa conservation problématique et augmentent le risque de parasitoses, répond à une certaine logique. Cela tient peut-être également au fait que la viande de porc est celle qui se rapproche le plus de la viande humaine ; y avait-il une poussée de cannibalisme à enrayer ?

Jusque là, rien à redire. Chacun étant libre de ses choix philosophiques tant qu’il ne les impose pas aux autres.

Petite parenthèse au sujet des végétaux. Ce n’est pas parce que nous avons moins de facilité à leur appliquer notre vision anthropocentrique (comme nous ne le faisons vis-à-vis des animaux dont nous ne cessons d’interpréter les comportements) qu’ils ne sont pas à considérer avec le respect dû à tout être vivant. Les végétaux communiquent eux aussi, ressentent eux aussi le stress, dépérissent eux aussi faute d’interaction sociale. La science ‘humaine’ semble seulement le découvrir. Pour ne rien dire des êtres unicellulaires que sont les bactéries et les virus. Alors que sans eux, point de salut ! Et pourtant, certains rêvent d’éradiquer à tout va. Il serait temps que l’on s’intéresse enfin aux rôles essentiels de chacun dans la vie du collectif.

Au lieu de cela, les dérives sont de plus en plus communes. Qu’il s’agisse de la pression exercée par les lobbies agroalimentaires dans les maternités pour imposer les laits ‘maternisés’ industriels, puis dans les cantines des écoles -de la maternelle à l’université-, hôpitaux, et maisons de retraite pour imposer leurs plateaux-repas soi-disant équilibrés…, dans les supermarchés pour orienter et délibérément limiter l’offre, dominer les marchés et étouffer les petits producteurs, encourager la spéculation alimentaire et la globalisation -au détriment des marchés locaux ou nationaux- ainsi que la persistance des intrants chimiques à tous les échelons de la filière (voir les récents scandales liés au lait, œufs, ogm, légumes – y compris ‘bio’), prétendant le cœur sur la main tout faire pour nourrir la planète et mettre fin à la faim dans le monde ou de la nouvelle mode ‘vegan’ dont certains tenants n’hésitent pas à agresser physiquement les tenants d’autres choix alimentaires que les leurs (boucheries de détail). Le tout sous l’œil bienveillant des media à l’affût de tout ce qui est susceptible de faire le buzz. Je serais curieuse de savoir combien parmi tous ces allumés contribuent directement à la production des aliments qu’ils consomment ? Ce n’est pas parce que l’on nous considère comme des moutons que nous devons nous comporter en herbivores, nous laisser tondre la laine sur le dos et enfin nous diriger le cœur léger vers l’abattoir.

Les plus criantes des dérives ne viennent-elles pas du fait que plus de la moitié de la population s’entasse dans les villes (sans qu’aucune inversion de tendance ne soit à prévoir), n’étant plus en capacité de trouver de quoi se nourrir dans son environnement immédiat (autrement qu’aux super, hyper, et autre marchés), sans plus aucun lien direct, ni ne serait-ce que la plus infime notion de ce qui fait le vivant. Villes où il est de bon ton de compatir au mal-être animal et de se mobiliser contre la maltraitance animale, mais tout autant de rester impassible face à la maltraitance quotidienne qui touche les autres humains (en concurrence trop directe pour la survie ?). Tandis que le reste de population s’échine à produire, encore et toujours plus, même si elle-même doit se serrer la ceinture -économie de marché oblige- alors que près de la moitié de cette nourriture finira à la poubelle ! Les plus criantes des dérives viennent de ce que l’homme a oublié que toute vie est unique et sacrée, et que s’il doit prendre d’autres vies pour que la sienne propre continue, il doit en éprouver de la gratitude, mais surtout qu’aucune de celles-ci ne doit jamais être prise en vain.

Quoi que vous mangiez soyez CONSCIENTS que vous prenez des vies pour rester vivant. Et surtout vivez pleinement, histoire de faire en sorte que cela en vaille vraiment la peine.

miam...scrunch...scrunch...slurp...burps...

1 commentaire

#1  - MarcAlombre a dit :

Et dire qu'il y a de dangereux allumés qui prônent le respirianisme, "technique" alimentaire basée sur les particules de lumière. Un mortel fou rire me gagne...

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