Le connard mouton est un animal à poil haineux


Les écrits qui n'aiment pas les fucktionnaires, les haineministrations, les salauds, les moutons et les cons

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Gill & John

Rédigé par Tara Taggle Aucun commentaire
...traversez le rond-point et prenez la deuxième sortie...

On ignore encore si c'est le seul bruit de la tondeuse qui les a tous jetés dans la rue (enfin, ceux qui n'y avaient pas déjà élu domicile mobile), toujours est-il que les moutons français ont rongé le piquet de clôture pour aller vérifier si l'herbe des giratoires était plus verte (transition écologique oblige).

Tous ? Que nenni, non point ! N'oublions pas que les 20% de carnassiers oviphages (ovivores ? ténors de la politique ou flibustiers de la haute finance et de l'optimisation fiscale -comme on dit puis) n'ont que faire de l'herbe tendre, pas plus que les plus lâches au sein du troupeau -à savoir les deux bons tiers- qui préfèrent rester vautrés devant leur télé déléguer: il fait froid, il pleut, il mouille et rien qu'à la pensée d'essuyer les coups du bâton de berger... (pas besoin de vous faire un dessin). Bref, le samedi 17 novembre, se parant de jaune réfléchissant ils ont pris d'assaut les giratoires, bloquant la circulation, demandant poliment la suppression de la hausse de taxe sur les carburants. Gentiment et à leur corps défendant.Tandis que certain enragé du champignon n'hésitait pas à envoyer valser grand-mère dans les bras de son créateur tout là-haut dans les Champs Élysées, tandis que Jupiter 1er dit Le Hautain s'en tapait comme de sa première branlette. Traitant de son traditionnel mépris le grondement de la populace. Ne dit-on pas que cela rend sourd ?

Certains l'ignorent sans doute encore, mais il existe certaines espèces de moutons cornus, mâles et femelles confondus, sans compter les béliers, qui ayant gardé leurs couilles d'origine, n'hésitent pas à foncer droit devant, ignorant les vitrines, à l'assaut du pouvoir pour une première manifestation capitale parisienne. Il faut dire que Jupiter-le-Hautain les avait provoqués : n'avait-il pas dit 'venez donc me chercher'? C'est donc en marche vers le palais présidentiel, reçus qu'ils ont été avec les honneurs dus à leur rang -charges de CRS, grenades explosives, assourdissantes ou lacrymos et autres joyeusetés tout à l'avenant- tandis que les casseurs opportunistes se payaient du bon temps, laissant la capitale à feu et à sang. Sans être davantage entendus, le monarque étant absent.

Faute de réaction et ruminant leur colère la semaine durant, ils remirent le couvert le samedi suivant. Paris vaut peut-être une messe, mais pour éviter les casseurs tout en sauvant leurs fesses, ils optèrent pour la décentralisation vers les chefs-lieux de région. On ne peut que constater que lesdits casseurs ayant flairé leur piste mirent à profit la faiblesse numérique des forces de police faisant valoir aux yeux des bleus de service les indéniables avantages de l'option self-service sur fond pyrotechnique. On eut beau tout mettre sur le dos des pacifiques ovins, les traiter de vilains, les mettre à l'index, les menacer de la colère du divin, le soutien des Français restait inébranlable. Il fallait à tout prix que cesse l'escalade.

Les habituelles belles promesses de saison -n'engageant rappelons-le que ceux qui y croient- furent déclamées à la télévision, histoire d'apaiser le climat de tension, qui ramenèrent certes quelques brebis à la raison, que le pouvoir intronisa portes-paroles des jaunes toisons... Mais étant donné que désormais le seul enfumage qu'ils toléraient encore autour de leurs ronds-points était celui du feu des braseros, et lors des manifestations celui des lacrymos... les toutous médiatiques eurent beau faire des pieds et des mains, les jaunes en colère restèrent sur le terrain.

La pédagogie montrant ses limites, politiques et journalistes sur des tons de bravade leur refirent sans hésiter le fameux coup du ruissellement sémantique : suspensions annoncées devenant suppressions, et primes détaxées importantes concessions. Les manifestants trop nombreux à déjouer le piège de la novlangue politique persistant à refuser la solution vaselinique, ils se tournèrent alors vers le ruissellement numérique : le mouvement semblant s'essouffler ils devraient en fin de compte se résoudre à rentrer. Bren de laine ! Même la menace terroriste ne suffit plus à les renvoyer dans leur foyers.

Car les sans-dents même illettrés savent tout de même un peu compter. Dialoguer ? avec ces sourds sournois, ces vendus et ces traitres ? En attendant l'acte VI, la répression policière et l'envoi de la troupe pour nettoyer l'espace public, voilà que désormais ces vilains trouble-fêtes n'ont plus qu'une seule idée en tête : l'inscription dans la constitution du referendum d'initiative populaire citoyenne.

Certains prépareraient même un réveillon solidaire pour celles et ceux qui seuls et oubliés, pauvres ou sans abri, n'auront pas les moyens de faire la fête, ils puiseront tous aux mêmes énormes chaudrons de soupe populaire ou de rata maison. Dès lors, messieurs les CRS, osez un geste citoyen, refusez de démonter les abris ou abstenez-vous du moins d'enlever les sapins de Noël, tout malingres qu'ils soient, qui ornent les ronds-points.

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À suivre... de très près

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