Le connard mouton est un animal à poil haineux


Les écrits qui n'aiment pas les fucktionnaires, les haineministrations, les salauds, les moutons et les cons

Ze blog Non connecté.e

Ne pas confondre seringa et seringue A, ni coronarus et coronavirus

Rédigé par Tara Taggle Aucun commentaire

Le climat était complètement détraqué, fallait le reconnaître. La touffeur de cette fin septembre était du jamais vu. À près de 17h, à travers la fenêtre grande ouverte de sa loge du rez-de-chaussée, maintenant que l’air devenait enfin respirable, Raymonde aspirait avec volupté le parfum capiteux du seringa qui, à l’abri de la courette, offrait au soleil couchant son abondante seconde floraison de l’année.

Cela faisait plusieurs mois maintenant qu’elle n’écoutait plus la radio, sauf quand ils se mettaient en grève : alors on entendait de la musique à longueur de journée ; ça changeait des pseudo débats de pseudo spécialistes médiatiquement autoproclamés et des sempiternels communiqués san’Hitler. Qu’ils arrêtent donc de nous gonfler. Elle avait fait la guerre (bon, à l’époque, elle n’était encore qu’une toute petite morveuse, il n’empêche) au nom de la liberté, pas pour se retrouver soixante-dix ans plus tard au même point de départ. Et cette liberté, elle l’avait arrachée avec les dents, l’ex-petite pensionnaire de l’école Sainte Marie de la Consolation. Le droit de vote des femmes, le droit à un compte-courant personnel, le droit à la contraception et à l’avortement. Le droit de penser ce qu’elle voulait comme elle voulait, le droit de circuler librement. Bien avant l’Union Européenne (ex communauté économique européenne), où seules les marchandises ont le droit de circuler librement. Et encore… Depuis la mi-mars 2019, les confinements assignations à résidence se sont succédé, l’ausweiss a refait son apparition, le port du masque de la muselière rendu obligatoire ; ne manquent plus que les tickets de rationnement, mais on y vient. Ce coup-ci, l’ennemi suprême, c’est un virus. C’est hyper dangereux les virus, à cause qu’on ne les voit pas -pas de casque à pointe ni de croix gammée, un peu comme la radioactivité, quoi. Si elle devait donner son avis, Raymonde dirait que le problème vient bien plus de la concentration humaine dans les villes que des virus, un peu comme dans les élevages de poulets avec la grippe aviaire. Donc, qu’il vaut mieux vivre à la campagne, se laver (les mains et le reste) et manger corrèque que de se faire hydro-alcooliser et piquouzer ! Mais qui l’invitera jamais à s’exprimer à un micro ?

― On peut discuter de tout mais pas des chiffres ? Près de 5 000 000 de morts de cette saloperie de virus ? Sur 7 800 000 000, faut pas être sorti de Polytechnique pour se rendre compte que ça fait 0,00064.

Comparés aux 9 125 000 personnes qui meurent de faim chaque année dans le monde et comparés aux près de 160 millions de personnes dans le monde souffrant de maladies liées au travail, et au nombre d'accidents, à l'issue fatale ou non, estimé à 270 millions de par an ? Ils en pensent quoi ? Vite un vaccin contre la faim et un autre contre le travail, bande de nazes. Et pour cela hélas, pas d’urgence sanitaire, depuis le temps, ça se saurait.

Raymonde était hors d’elle, un peu d’écume se formait à la commissure de ses lèvres. St Ex, entré sans bruit, avait assisté abasourdi à cette harangue que la pipelette adressait au vieux poste à transistors muet comme une carpe.

― Et inutile de continuer à ma faire chier avec ça cause que moi, ce s’ra non. Et non, et non ! Elle se retourna et le vit.

― et toi, mon chtit poulet, si c’était que tu te fais vacciner avec leur saloperie d’injection en phase de test, t’auras qu’à partir ailleurs pendant un ou deux mois, que j’ai pas envie que tu me contamines avec tes nouveaux avariés personnels, noms grecs ou pas, et y faudra te faire tester avant d’rev’nir, si tu meurs pas avant.

Si tu refuse la piquouze, eh ben dans le cas que tu tombereau malade, j’ te soignerais bien avec des huîtres, de l’hiver-humectine et un bon verre de sky. Ou un grog bien tassé. Rien ne résiste au grog de Raymonde !

Elle n’attendit pas sa réponse et s’élança d’un pas majestueux vers le cellier.

Écrire un commentaire

Quelle est la deuxième lettre du mot zelbsu ?

Fil RSS des commentaires de cet article