Le connard mouton est un animal à poil haineux


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Raymonde n'en dort plus la nuit

Rédigé par Tara Taggle Aucun commentaire
Quand Ma Poule philosophe avec les yeux brouillés...

Loge du rez-de-chaussée, vendredi 7 janvier 2022, 05h13.

Des volutes parfumées de verveine s’élevaient paresseusement de la tisanière vers la douce lumière du vieux lustre en opaline. Cela faisait dix jours que Raymonde dormait peu, dormait mal. Même le petit sky du soir ne suffisait plus à contrer ces accès d’insomnie. Il avait neigé abondamment pourtant, déposant une épaisse couche de blanc silence, mais malgré la torpeur ouateuse du paysage et l’épaisse couette Castex en pur duvet d’oie des Pyrénées qui promettait douceur, chaleur et rêves tout doux, ses pensées continuaient leur sarabande nocturne et ne lui laissaient pas de repos. Et lorsque l’affichage digital rouge du réveil avait indiqué 02h09, puis 03h02 puis 04h25 et enfin 04h57, elle avait fini par enfiler une douillette robe de chambre par-dessus son pyjama en pilou, glissé ses énormes petons dans des pantoufles fantaisie en fourrure synthétique couleur framboise écrasée et avait muettement signifié à son oreiller qu’entre elle et lui, il y avait désormais de l’irréparable et qu’elle préférait encore le canapé.

Dans la cuisine endormie, elle avait tisonné les braises et ajouté une bûche dans le fourneau. On avait beau dire mais elle n’aurait pas échangé sa cuisinière à bois contre deux radiateurs à inertie ; d’abord, les radiateurs ne sont pas assez larges pour mettre la cocotte à mijoter dessus, ensuite, on ne peut pas les ouvrir pour y faire cuire les pommes au four. Elle avait transvasé deux grosses louches d’eau du bouilleur dans une casserole et y avait placé la bouteille de liqueur de Verveine (celle qui titre à 55°) à réchauffer. Elle avait ensuite rempli sa tisanière aux trois quarts avant de s’asseoir pour siroter le réconfortant breuvage. C’était un truc à mémé Mathilde ça. Elle se souvenait de la frêle silhouette voûtée, assise dans le coin de la cheminée à tricoter. Ils vivaient tous ensemble alors. Pépé Pierre, pépé Lucien, mémé Mathilde, les deux oncles Albert et Hubert, et leurs femmes Nathalie et Marcelline, les cousins Jacques, François, Paul et Gérard, les cousines Jeanne, Micheline, Noëlle et Marinette, papa, maman, et puis Arnaud et Bernard, ses deux frères. Cela en faisait du monde ! Et ça s’engueulait parfois, mais ça festoyait aussi. Et tout le monde avait un toit sur la tête. On ne parlait pas de est-ce-des-elfes alors pour la simple raison que ça n’existait pas. Le chemineau de passage avait sa place à table et dans l’étable. Le gîte et le couvert, la part du pauvre, c’était sacré. Tout comme Noël.

Mais depuis tout avait été liquidé pour inventaire. La guerre avec ses morts. Le travail à l’usine, l’exode rural, le temps du chacun pour soi. La sécurité sociale, la ceinture de sécurité, la ceinture qu’il faut se serrer pour notre propre sécurité, l’insécurité de l’emploi et le salaire de la peur. Sans oublier les parkings à vieux et les parkings à mouflets.

- progrès mon cul ! (Exclamation certes choquante chez cette femme pieuse et policée -rien à voir avec les ch’tits poulets du dessus- mais Raymonde se laisse parfois aller à des écarts de langage sous le coup d’émotions débordantes, la notion actuelle de progrès étant de ce point de vue un puissant déclencheur)...

- ...avons-nous encore une âme ? nos gouvernants ont-ils une âme ? sommes-nous heureux ? ne devrait-on pas chercher à rendre tout le monde heureux ? plutôt que d’asseoir un pouvoir éphémère sur toujours plus de malheur ? la prospérité d’un peuple est-elle directement proportionnelle à son malheur ? Pourquoi les riches sont-ils malheureux ? (l’argent ne fait pas le bonheur ?). Et surtout pourquoi tout ce beau monde continue à faire chier l’monde ? ( cf. supra) et pourquoi l'monde reste pathétiquement apathique ? Putain, il en fait des ravages le socialisme national !

Si on se base sur les critères de l’OMS (nombre de cas), la seule pandémie en cours actuellement est celle de la connerie humaine (avec bien plus victimes que tout le reste) et aucun espoir d’en sortir un jour. À moins que...

- Politiques de tous bords, faites un geste pour la planète, pour l’humanité et... pour le PIB, suicidez-vous !

Hic !

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