Le connard mouton est un animal à poil haineux


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Raymonde bat la campagne

Rédigé par Tara Taggle Aucun commentaire
Cause qu'y a campagne et campagne...

Loge du rez-de-chaussée, mardi 8 mars 2022 - 09h22

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Armée d’un pinceau plat de 12 cm et d’un seau de peinture rouge minium, Raymonde était agenouillée par-dessus un tas d’épaisses affiches A1 couleur ivoire. La main sûre, le geste auguste du peintre lettriste caressant amoureusement le papier, la langue au coin des lèvres, elle traçait les séquences de capitales ponctuées d’un grand point d’exclamation ‘’VOTPA ! ‘’, écartant chaque épreuve pour la laisser sécher. Le sol de la cuisine en était pratiquement entièrement jonché. Et tandis qu’elle peignait, elle se remémorait le pourquoi du comment.

Les cons, ça ose tout, disait Audiard. Cela tenait-il de la prophétie ou d’une connaissance intime de la nature humaine profonde ? Parce que lâcher ça en pleines Trente Glorieuses, alors que TF1 et BFM TV n’avaient même pas encore été inventées… d’un autre côté, ça faisait quand même déjà plus de dix ans qu’Aldous Huxley avait écrit le Meilleur des Mondes et que George Orwell avait prédit que 1984 serait une année de merde. Et puis Jarry qui nous avait sorti Ubu et sa pompe à phynances. À l’époque, tout le monde en avait rigolé. Avec le manque d’imagination était venu VGE, grand accordéoniste devant l’éternel, et accessoirement inventeur de la TVA, selon le principe de merde éculé des enculés : ‘’ il faut prendre aux pauvres, ils sont beaucoup plus nombreux’’. Puis1984 était arrivé. En surface, tout était pour le mieux, la gôche était au pouvoir (‘’on a gagné, on a gagné…’’ ? Qui s’était alors soucié des origines ultradroitières de Mittrand, de ses faiblesses envers Papon et de la signification véritable du mot démocratie conjugué à toutes les sauces ?); en sous-main, c’était le début de la grande braderie des entreprises publiques. Puis le référendum de 1992 pour l’Europe, la libre circulation des biens -surtout des biens- et accessoirement des personnes au sein d’un même espace -économique- géographique ; une majorité de Français avaient voté pour et nous voilà avec un parlement européen, même si à titre purement consultatif. Le scandale du sang contaminé n’était qu’une péripétie (avec un Fabius responsable mais pas coupable -concept crétin s’il en est, mais qui ouvrait en grand la voie à l’impunité politique). Puis 2002 et le duel Chirac/Le Pen. Le Pen, le repoussoir créé de toutes pièces par le pouvoir et les media, celui qui avait poussé une très large majorité à soutenir un Chirac dans un grand élan de républicanisme aussi passager qu’inespéré. Puis la Ségolène avec sa bravitude et le Jospin candide qui avait benoîtement avoué que son programme n’était pas un programme socialiste (c’est quoi un programme socialiste, au fait ?) et puis le naïf Pierre Rhabi, présenté unanimement par les media comme un simple ouvrier spécialisé et enfin le roquet Sarko, l’adorateur étasunien, celui qui faisait sont jogging en tenue de COP newyorkais, celui qui achèterait emporterait finalement l’élection. Celui qui nous avait fait intégrer l’Otan. Celui qui avait entamé la destruction de la paix sociale au nettoyeur haute-pression, et celle du système de santé, avec sa comparse Bachelot (qui avant d’être chroniqueuse culturelle avait été sa ministre de la santé responsable de la débâcle financière de la grippe porcine H1N1), celui qui avait initié la modification de la constitution, celui qui avait imposé aux Français le traité de Lisbonne bien que le référendum de 2005 pour une constitution pour l’Europe avait été rejeté par 55 % des Français. Celui qui avait vendu la souveraineté nationale aux banquiers de la Commission Européenne. Celui qui avait signé la fin de la séparation des pouvoirs. Et puis le nain Flanby, que certains persistaient à croire socialiste, le pote de Valls -l’ex candidat-maire de Barcelone renvoyé à ses pâtés de sable par les catalans, le fromagier qui avait enfanté et nourri en son sein le monstre Macron. Ce dernier, pas besoin de le présenter, on le subit depuis cinq ans, bien qu’il n’ait été élu que par 18 % des Français, cherchez l’erreur. Celui qui insulte le peuple dans ses mots et dans ses actes, celui qui déshonore la fonction qu’il est supposé exercer. Sans même parler de ses godillots, ministres et députés. Le jour du grand jugement, il faudra construire un sacré mur pour parvenir à les caser tous !

La réserve de feuilles vierges étant épuisée, elle avait commencé de rouler menu les épreuves sèches, en les faisant se chevaucher sur près de vingt centimètres. Le rouleau pesait son poids (près de 10 kilos) et était venu rejoindre les dix précédents à côté du seau de colle en train de prendre. De la colle à tapisser spéciale papiers lourds et vinyles. Et du balai brosse. Le matériel de la parfaite colleuse d’affiches.

- Salut, Ma Poule, tu refais la déco ?

- Ah... Ah… très drôle ! Tiens, passe-moi les lastics, les gros. Ouais, les plus larges. ...pfttt.

- tu veux un coup de main pour transporter tout ça ? Faut les mettre où, dans le couloir ?

- Non, dans ma ouature. Et que si tu voudrais bien v’nir avec moi, histoire que je m’fasse pas emmerder par les démarcheurs, qu’y sont teigneux ceux-là.

- les Démarcheurs ? C’est qui ça ?

- ben c’est les partisans d’la Pécress’ ; on les appelle comme ça parce que c’est elle qui s’était opposée à l’interdiction des pourriels (démarchage commercial non sollicité) que c’était soi-disant une façon pour les artisans de se faire connaître à proximité. Tu parles Charles…

- moi, c’est Antoine. Mais bon… Et les partisans de l’autre candidat, on les appelle comment ?

- ben, vu qu’ c’ est les préférés des médias, les show-show...

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